Par Chantal Dumas
15 octobre
Pendant qu'une partie de l'équipe respirait le vent d'est, je suis allée faire un saut à Toronto; deux journées très remplies.
Du 15 au 19 octobre, se tenait la 10è édition du festival autochtone imagineNATIVE Film + Media Arts.
Programme 10è édition du Festival imagineNATIVE Film + Media Arts.
Cet événement témoigne de la vitalité et la diversité des productions des nations autochtones dans les domaines du film (documentaire, film expérimental et fiction, court et long métrage), de la radio et des arts visuel et médiatique.
En plus des projections de films et d'expositions, des parties et des panels de discussion permettent aux programmeurs, diffuseurs, artistes, réalisateurs et professionnels de l'industrie de se rencontrer.
La soirée d'ouverture s'est déroulée au cinéma Bloor. Déjà dans la rue, une longue file d'attente animée donnait l'état d'esprit de ce qui allait être celui du festival: chaleureux, convivial et enthousiaste. Cet événement allait prendre les airs d'un grand rassemblement où l'on célébrerait avec fierté, respect et honneur la culture contemporaine autochtone. Un public composé en majorité d'Autochtones venus des quatre coins du pays était réuni dans la salle.
Soirée d'ouverture. Cinéma Bloor. Photo: redworks.ca
Après les discours des organisatrices et officiels, le programme double a pu commencer. Deux documentaires composaient la soirée:
Mémére Métisse de Janelle Wookey présenté en première mondiale raconte comment la jeune cinéaste manitobaine a amené sa grand-mère bien-aimée à retrouver la fierté de ses origines et de lui montrer la richesse de la culture métisse.
...
River of No Return de la documentariste australienne Darlene Johnson présentée en première nord-américaine allait nous faire découvrir la détermination de Frances Daingangan de culture tribale Gupapuyngu à devenir actrice dans le monde de la culture blanche où cela signifie à la fois de délaisser son mode vie traditionnel.
“As a child I always wanted to become an actress just like Marilyn Monroe. I was told it was ridiculous for a Yolngu girl to have such fantasies.” Frances Daingangan
...
16 octobre
Le lendemain, j'assistais à une réception dans les locaux de l'Office national du film où un hommage était rendu à la grande documentariste amérindienne Alanis Obomsawin venant souligner la qualité et l'importance de son oeuvre pour la défense et la reconnaissance du peuple et des droits autochtones.
Cette célébration était précédée par le visionnement de
Kanehsatake - 270 ans de résistance (1993), long métrage documentaire sur le soulèvement mohawk survenu en 1990 à Kanehsatake et à Oka. Ce film a remporté en ce jour, 18 prix à l'échelle internationale.
Alanis Obomsawin photo: redworks.ca
Un autre visionnement m'attendait en fin d'après-midi au Al Green Theatre, présenté en co-production avec le Liaison of Independent Filmmakers of Toronto. Regroupés sous le titre de Looking Glass Experimental Shorts Program, 15 courts réalisés à partir de différentes techniques (animation, dessin, 16 mm, vidéo) composait le programme. Une large variété de thèmes étaient abordés, tantôt ludique avec le Alice Eaton d'Amanda Strong qui donne une vision fantaisiste du monde féérique d'Alice aux pays des merveilles, tantôt poétique avec la danse mise en scène (Tsu Heidei Shugaxtutaan Pt. 1, Tsu Heidei Shugaxtutaan Pt. 2 et Geeka Water's Edge de Leena Minifi), alors que d'autres films rendaient compte de sujets plus graves tels la maladie mentale avec Madness in Four Actions de Thirza Cuthand ou encore de l'industrie du sexe avec Saviour Complex d'Ariel Smith.
...
Entre temps, je me suis rendue au WARC Women's Art Ressource Centre situé dans le Textile district au 401 Richmond Street.
Profitant d'un exercice pour le feu, obligeant tous les résidents du 401 Richmond Str. à évacuer le building et à cesser pour un moment leurs activités, j'ai rencontré les deux co-directrices du Warc Gallery Linda Abrahams et Irene Packer, au café du coin. Ces deux femmes très inspirantes m'ont dressé rapidement le portrait de la condition des centres d'artistes féministes en Ontario: dynamiques, sous-financés et à la fois, bien soutenus par la communauté et socialement impliqué.
Né en 1984, le centre répondait au désir d'un groupe de femmes artistes de se rassembler pour réagir contre l'effacement des femmes de l'histoire de l'art. Le WARC s'est alors donné pour mandat de développer une bibliothèque de recherche pour le commissariat afin de faciliter la documentation et la représentation des femmes à l'intérieur de la culture contemporaine et de supporter l'expérimentation artistique et de commissariat et ce, de diverses perspectives idéologiques, culturelles et théoriques.
Depuis, les activités se sont succédées, pour en souligner quelques unes : l’exposition Free dumb (I)and US Clarke-Davis de Karma Clarke-Davis qui s’engage dans une action d’investigation personnelle et d’exploration critique des politiques publiques. Et tout prochainement, une programmation vidéo sous le titre de (post) Colonial Stress Disorder dirigée par Wanda Nanibush et l'événement EMERGING ARTISTS PROJECT.
Le 401 Richmond Building est un projet architectural alternatif. À l'origine ce bâtiment abritait une manufacture de lithographies pour boîtes de métal. Sa vocation artistique actuelle date de 1994 où le bâtiment fut racheté et transformé dans une philosophie d'éco-restauration. Il abrite un grand nombre de centres d’artistes, boîtes de production vidéo, associations artistiques, quelques magasins et librairies spécialisés.
...
Mais de retour au festival autochtone imagineNATIVE Film + Media Arts et toujours dans ce building...
Rosalie Favell I awoke to find my spirit had returned photo Courtesy of the Banff Centre
L’exposition How: Engagements with «Hollywood Indian» conçue et pensée par Ryan Rice commissaire indépendant Mohawk de Kahnawake, s’est installée dans 2 deux galeries la Space Gallery et la Trinity Square Video.
«Dans cette exposition, les artistes des Premières Nations et les pièces sélectionnées soient déconstruisent ou dissipent les mythes en confrontant les idées fausses simplistes imposées à travers l’esprit indigène collectif, ou étendent le discours au-delà des paradigmes amenés par Hollywood et expose une influence séduisante, faite de rêves et de désirs pour un compatissant et inclusif Hollywood.» catalogue d’exposition.
L’exposition était en cours de montage, je suis passée. Ryan Rice était présent et discutait avec l’artiste Rosalie Favell dont l’accrochage était terminé. J’ai été particulièrement touchée par son travail de photo-montage. Quatre œuvres réalisées entre 1999 et 2003, où elle s’auto-représente. « Favell s’insère dans des productions hollywoodiennes et ce faisant, Favell s’éloigne des rôles que les « Indiens» jouent et imagine favorablement ce que serait d’être représentée avec grâce, force et popularité». Catalogue d’exposition.
Cheryl L'hirondelle en costume de performance êkâya-pâhkaci. Photo: redworks.ca
Et puis, voilà je cours. Je n’aurai pu voir la performance de Cheryl L’Hirondelle êkâya-pâhkaci [ee-guy-uh-puck-a-chee] (don't freeze up) présenté à la galerie Toronto Free
Je dois repartir.
Trop court Toronto.
STUDIO XX
Centre d'artistes féministe bilingue engagé dans l'exploration, la création et la critique en art technologique.
4001 Rue Berri, espace 201 . Montréal . Québec . H2L 4H2 . tél: 514-845-7934 . courriel
Heures d'ouverture : lundi au vendredi de 10h à 17h . Inscrivez-vous à notre liste d'envoi
Le contenu de ce site est protégé par le droit d'auteur. Toute reproduction est interdite. Mention légale