ORIENTATIONS
Le progrès incessant, les effets de
la mondialisation, le rêve du réseau, l'accès
en tout temps, l'immédiateté et la mobilité
nous poussent à toute vitesse vers l'avant, tout en
nous laissant essouflées dans la quête impardonnable
pour le nouveau, le meilleur et le plus efficace. Le temps
demeure linéaire, malgré les discours de simultanéité,
de collages, de juxtapositions, de non-linéarité.
Au sein de ces conditions, des expériences artistiques
et des interventions socio-politiques dessinent les champs
du possible, assistent à la transgression des frontières
qui sont devenues à la fois insidueuses et encore plus
démarquées.
Comme Studio XX évolue dans le temps
et dans son propre engagement envers l'exploration des relations
multiples que les femmes entretiennent avec les technologies
numériques, nous avons aussi identifié la nécessité
de replacer et de redéfinir les enjeux qui persistent.
À travers ses orientations de programmation, Studio
XX recherche les multiples territoires, voix et actes que
les femmes de toutes générations ont établis
dans le domaine immense de l'imagination humaine. Ceci afin
d'accentuer la simultanéité et l'échelle
des ces passages continuels entre le réel/matériel
et le virtuel/numérique et de rendre évidente
leur contemporanéité dans le discours technocrate.
Points de singularités, situations locales, zones de
devenir où chacune porte en elle le potentiel de rencontre,
d'action et d'existence.
Thème 2006 - 2008 :
La mobilité
Le Studio XX entame une nouvelle thématique sur le
phénomène de la mobilité et ses effets
sur les individus et les communautés. Les phénomènes
de l’espace cellulaire, de l’espace radio, de
l’espace satellitaire se manifestent grâce aux
ondes porteuses qui densifient l’invisible. Ils sont
composés de micro-ondes, de radiations émettrices
qui créent des environnements transparents cryptés
et codés. Dans ce monde de l’individualité
à tout pris et des nouvelles formes de solitude, nous
entamons un mouvement vers le rassemblement, vers la reconnaissance
de l’autre en nous déplaçant, en nous
démultipliant, en nous projetant dans cet espace communicant.
Nous rejoignons ainsi par des appareils opto-électroniques
les autres du clan, de la famille, de la diaspora. Façon
de se reconnaître et de se comprendre à travers
les mots et les voix qui circulent, qui tracent les chemins
de l’espoir, de l’action solidaire. Mais paradoxalement
naissent de ces appareils de localisation d’autres types
de relations et de regards, ceux de la surveillance, du dépistage,
de l’espionnage . Les phénomènes bipolaires
de la mobilité font de chacun de nous un objet retraçable.
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